Hépatite E | Classification | Structure | Transmission | Clinique | Diagnostic

✑ Dr.Hamzaoui.l

☰ Sommaire :

Ⅰ. Classification/ structure


☰ Famille : Hepeviridae

☰ Genre : Orthohepevirus

8 génotypes

- Parmi ces génotypes ; HEV-1, HEV-2, HEV-3 et HEV-4 sont le plus souvent associés à une infection par le VHE chez l'homme. Les génotypes 1 et 2 sont strictement humains. Les génotypes 3 et 4 circulent chez plusieurs animaux (dont les porcs, les sangliers et les daims) sans provoquer chez eux aucune maladie et infectent occasionnellement des humains.

- Le VHE est un virus non enveloppé à capside à symétrie icosaédrique.

- Le génome est un ARN simple brin, linéaire à polarité positive comportant une coiffe ainsi qu’une queue de poly-adénosine (poly-A) à ses deux extrémités

☰ Ce génome comprend 3 ORF :

Orf 1 : code pour des protéines non structurales : la réplicase (caractérisée notamment par la présence d’une polymérase ARN-dépendante)

Orf 2 : pour la protéine majeure de la capside

Orf 3: code pour une phosphoprotéine.

Ⅱ.Hépatite E: Modes de transmission et épidémiologie


La transmission se fait par voie oro-fécale par l’eau ou les aliments contaminés par les matières fécales de sujets infectés.

D’autres voies de transmission ont été identifiées mais sont responsables d’un nombre de cas cliniques bien plus faibles :

• L’ingestion de viande insuffisamment cuite ou de produits à base de viande provenant d’animaux infectés (foie de porc, par exemple)

• La transfusion de produits sanguins infectés ;

• La transmission verticale du virus d’une femme enceinte à son enfant

Chaque année, l’OMS estime qu’il se produit 20 millions d’infections par le VHE dans le monde, ce qui génère 3,3 millions de cas symptomatiques d’hépatite E.

L’OMS estime que l’hépatite E a été responsable d’environ 44 000 décès en 2015 (soit 3,3% de la mortalité due à l’hépatite virale).

L’hépatite E est présente dans le monde entier, mais c’est en Asie orientale et en Asie du Sud qu’elle est la plus fréquente.

On rencontre l’infection par le VHE partout dans le monde. La maladie est courante dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, disposant d’un accès limité aux services essentiels : approvisionnement en eau, assainissement, hygiène et santé. Dans ces zones, la maladie se manifeste sous forme de flambées et de cas sporadiques.

Ⅲ. Clinique de l'Hépatite E


- La durée d’incubation est de 10 à 70 jours (6 semaines en moyenne)

- Les personnes infectées excrètent le virus de quelques jours avant l’apparition de la maladie à 3-4 semaines après.

☰ Dans les zones de forte endémicité de la maladie :

• Chez les jeunes adultes de 15 à 40 ans, la fréquence des infections symptomatiques est la plus forte.

• Chez les enfants, l’infection est souvent asymptomatique ou ne se présente que sous une forme bénigne, sans ictère → Elle n’est donc pas diagnostiquée

- Les manifestations cliniques sont celles de toutes les hépatites aiguës. Cette hépatite aiguë se caractérise par la fréquence au cours des épidémies des formes fulminantes chez les femmes enceintes au 3 ème trimestre de la grossesse avec un taux de mortalité de 10 à 50 % : la grossesse constituera donc une contre-indication à un voyage en zone d’endémie.

L’infection chronique est définie par la persistance de l’ARN du VHE pendant au moins 3 mois. Des cas d’infection chronique par le virus de l’hépatite E ont été signalés chez des personnes immunodéprimées, en particulier des bénéficiaires d’une greffe d’organe ou des personnes placées sous médicaments immunosuppresseurs, le virus responsable appartenant au génotype 3 ou 4.

☰ Manifestations extra-hépatiques :

• Atteinte neurologique ++++ : syndrome de Guillain Barré, méningoencéphalites, mono-neuropathies multiples …

• Atteinte rénale : glomérulonéphrites, néphropathie à IgA (maladie de Berger)

• Cryoglobulinémie

• Pancréatite

Ⅳ. Diagnostic de l'hépatite E


VHE: Diagnostic direct

Détection des ARN viraux :

- La détection de l'ARN du VHE dans le sang ou les selles indique une infection VHE

- L’ARN du VHE est détecté dans le sang et les selles environ trois semaines après l'infection.

- La sensibilité analytique des tests de détection des acides nucléiques peut être inférieure à 10 UI / ml. De nombreux tests basés sur la détection des acides nucléiques pour la détection de l'ARN du VHE dans des échantillons de sérum, de plasma ou de selles : RT-PCR et la RT-PCR nichées, RT-PCR en temps réel, RT-LAMP. Ces tests ciblent des régions hautement conservées du génome, en particulier la région de ORF2 qui chevauche ORF3, et sont capables de détecter les quatre génotypes du VHE qui infectent l’homme

La mesure de la charge virale, dans le cas d’une infection chronique, est utilisée pour évaluer la réponse des patients à la modification du traitement médicamenteux immunosuppresseur ou de la thérapie antivirale, ainsi que pour identifier les infections récurrentes.

Détection des Ag viraux :

La détection de l'antigène du VHE par des méthodes immunoenzymatiques peut également être utilisé pour diagnostiquer les infections aiguës et chroniques.

L'antigène du VHE peut persister plusieurs mois après la clairance de l'ARN du VHE induite par la ribavirine chez les patients atteints d’infection chronique. Ceci suggère que la présence de l'antigène HEV n'est pas nécessairement corrélée avec les virions infectieux.

VHE: Diagnostic indirect :

Une infection aiguë par le VHE peut également être diagnostiquée par la détection de anticorps antiHEV (IgM,IgG ou les deux) par méthodes immunoenzymatiques en association avec la détection de l’ARN du HEV.

L’infection passée est diagnostiquée par la présence des IgG anti-HVE.

hépatite-E

Ⅴ. Traitement de l'hépatite E


L'infection aiguë par le VHE ne nécessite généralement pas de traitement antiviral. Dans presque tous les cas, l'infection à VHE guérie spontanément. Cependant, certains patients peuvent évoluer vers une insuffisance hépatique.

Le traitement par ribavirine a été associé avec normalisation très rapide des enzymes hépatiques et l’absence de détection de l'ARN du VHE en quelques jours. Donc, un traitement par ribavirine peut être envisagé en cas d'hépatite E aiguë sévère ou d'insuffisance hépatique sévère.

Chez les transplantés d’organe souffrant d’hépatite E chronique, la ribavirine est le traitement de choix. Elle est administrée en monothérapie pour une durée de 12 semaines. À la fin de la période de traitement, l'ARN du VHE doit être évalué dans le sérum et dans les selles. Si l'ARN du VHE est indétectable dans les deux cas, la ribavirine doit être arrêtée.

Chez les transplantés d’organe souffrant d’hépatite E chronique, la ribavirine est le traitement de choix. Elle est administrée en monothérapie pour une durée de 12 semaines. À la fin de la période de traitement, l'ARN du VHE doit être évalué dans le sérum et dans les selles. Si l'ARN du VHE est indétectable dans les deux cas, la ribavirine doit être arrêtée.

Les transplantés hépatiques qui ne présentent aucune réponse à la ribavirine peuvent être traités par l’INF-αPEG